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Ate-Waza (Les techniques de coups frappés)
L'Ate-waza comporte des blocages et des atémis; les atémis sont des coups donnés avec les armes naturelles du corps humain (poing, coude, genou, pied, etc.) sur les points vitaux (ou points faibles) de l'adversaire dans le but de le paralyser, par douleur intense, et pouvant provoquer, selon les cas, un évanouissement, un traumatisme sévère ou même la mort. Une bonne connaissance de ces points vitaux (Kyûsho) est donc absolument nécessaire afin d'éviter des accidents pendant l'entraînement. Plus la surface de frappe de l'atémi est réduite et plus la force de pénétration du coup sera grande, donc plus efficace.
Bien qu'il existe de grandes similitudes dans la forme des parades et atémis du Ju-Jitsu leur utilisation, en tant qu'arme de combat, est radicalement différente de ceux du Karaté. En Karaté traditionnel l'objectif du blocage est de détruire la stabilité de l'adversaire et celui de l'atémi est de conclure définitivement. C'est pourquoi chaque technique fait l'objet d'une concentration extrême et d'une mobilisation totale de l'énergie. Le Ju-Jitsu procède d'actions plus souples et l'atémi n'est pas l'élément central du système de défense même s'il est très utile, parfois indispensable. C'est pourquoi l'étude des parades et atémis fait partie intégrante de l'entraînement des Ju-Jitsukas.
La place des atémis dans le Ju-Jitsu.
Il faut rappeler, en premier lieu, que le travail des atémis est une nécessité première si l'ont veut s'exercer à la défense dans des conditions réalistes. On peut classer les atémis en quatre catégories qui correspondent chacune à une situation bien identifiée.
L'atémi de dissuasion.
En règle générale, le Ju-Jitsuka ne prend pas l'initiative de l'attaque et son action s'adapte à l'offensive de l'autre. Toutefois, dans des cas très particuliers, il arrive de devoir déroger à cette règle et de porter un atémi destiné à écarter un danger, pour sortir du champ d'attaque de plusieurs adversaires lorsque l'on est encerclé, pour anticiper une attaque de l'autre lorsqu'on le sent menaçant (pour désamorcer son action) par exemple. Dans ce contexte, il ne s'agit pas de conclure, mais d'éviter un risque. Même s'il n'est pas décisif, l'atémi doit avoir néanmoins une valeur suffisante pour produire le résultat escompté.
L'atémi d'arrêt.
On désigne ainsi l'atémi porté dans l'action de l'autre en vue de l'empêcher de l'achever et de réduire son efficacité. En atténuant les effets de l'attaque de l'adversaire on rend la situation réversible et on peut la retourner à son profit.

L'atémi d'opportunité.
Il consiste à attaquer dans l'attaque de l'adversaire. L'addition des forces qui en résulte fait que cet atémi est décisif. S'il ne demande pas de déployer une énergie extrême, l'atémi d'opportunité nécessite, en revanche, une intervention très précise dans la phase initiale d'action de l'autre et on doit obtenir l'impact avant l'adversaire.

L'atémi de conclusion.
Comme son nom l'indique, il permet de "conclure" après avoir pris l'ascendant sur l'adversaire par projection, immobilisation, clé debout ou au sol. Lorsqu'on le maintient d'une main on utilise, de préférence, les attaques circulaires de la main, fondées sur la vitesse d'exécution et la précision. Dans le cas contraire, on porte un atémi en puissance (action en piston du bras ou de la jambe).

Les éléments d'efficacité de l'atémi.
L'atémi ne trouve son efficacité qu'en respectant un certain nombre de principes :
La respiration.
L'efficacité de l'atémi est liée à la coordination de la respiration avec l'action. Pour être fort, un atémi doit être porté en expirant afin de libérer au mieux l'énergie et avec un blocage respiratoire à l'impact. Ainsi, au-delà de l'arrêt visible de l'action c'est une "onde" imperceptible qui percute la cible.
L'impulsion initiale par le hara.
L'énergie interne est libérée et diffusée par le hara (point d'équilibre interne du corps humain et source de l'énergie qui, théoriquement, se trouve à 4 cm environ au-dessous du nombril, entre celui-ci et la colonne vertébrale; c'est le centre de gravité du corps et le lieu où se trouvent concentrées les forces vitales profondes), c'est-à-dire que toute action débute par une contraction abdominale qui sera ensuite relayée, de façon coordonnée, par d'autres leviers internes pour diffuser l'énergie vers l'extérieur. Ainsi, lorsqu'on porte un atémi c'est avec le ventre; le bras ou la jambe ne font que prolonger cette action et transférer, en l'amplifiant, l'énergie initiale.
La coordination.
Toute action est le résultat d'un processus ordonné de l'ensemble des leviers du corps. L'action, qui part du ventre, est relayée et amplifiée par l'articulation de gestes qui s'enchaînent. Elle s'achève par une contraction générale à l'impact le tout exécuté en étant parfaitement en équilibre.
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parus dans la "Gazette du Judo Kwai Lausanne"
© M.Python, P.Bercier 1995 - 2009















